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Parce que les media se doivent de se réinventer !

La presse est sous pression, dans son ensemble.  Aucun pays ni continent n’échappe à cette donne dont les causes sont identifiées en fonction de la direction du vent. Les media sociaux sont indexés et avec ces nouveaux moyens de communication, certains avaient vite fait d’annoncer la fin de la presse imprimée, comme lors de l’apparition de de la Radio. Comme pour conjurer le mauvais sort, il n’y pas eu l’hécatombe annoncée de manière prémonitoire. Le journal papier résiste en dépit des soubresauts et de la furia de la communication via ces faisceaux lumineux appelés fibres optiques.

La Côte d’ivoire s’est fondue dans cette mouvance crescendo-decrescendo avec le printemps de la presse dans les années 90 marquée par la prolifération de journaux à la solde des officines politiques. Les opinions se sont fortement cristallisées à partir de cet instant. Une forte politisation des phénomènes qui n’en a vraiment pas valu la chandelle. Les questions d’intérêts publics, la République, la démocratie… sont diversement interprétées voire laissées pour compte. Le tribalisme, les détournements des deniers publics, l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques s’accentuent. La presse a joué un rôle malencontreusement important dans cette dégénérescence. Les journalistes deviennent les Sofas des hommes politiques aux desseins bas. 

Consciemment ou inconsciemment, la presse a favorisé et entretenu la fracture sociale. Conséquence : Une rébellion armée, une guerre, des macchabées, une fracture politique et sociale. Un recul des acquis démocratiques.   

Cette page devrait être tournée par une nouvelle génération de journalistes avec une vision claire et certaine pour l’avenir de la Cote d’ivoire.   Mais ça ne semble pas demain la veille l’émergence d’une telle presse qui n’aurait pour seul intérêt que le bien-être du pays et non celui des politiciens, et pas plus !  Essayons donc de voir la presse avec un idéal unique d’informer, de former, de décrier –comme le fait déjà une poignée de pionniers- objectivement sans parti pris, avec www.enquetemedia.net

Sans tomber dans l’auto célébration et des propos dithyrambiques tout azimut, nous dirons tout simplement que le modèle www.enquetemedia.net , pour emprunter le mot de Geoffrey Livolsi est « à mi-chemin entre le média et l’ONG ». Un média à but non lucratif qui tire son inspiration de ‘’Disclose’’ en France, ‘’ProPublica’’ aux États-Unis, du ‘’Bureau of Investigative Journalism’’ au Royaume-Uni et de ‘’CORRECT ! V’’ en Allemagne, quatre pays où le financement philanthropique de projets journalistiques est plus courant.

Un média d’investigation à but non lucratif 

Quelle est cette presse sans but lucratif ? C’est pour partie la presse d’opinion (mais quelle presse n’est-elle pas une presse d’opinion ?). C’est aussi – et peut-être surtout – la presse associative : associative, parce qu’elle émane d’associations (toutes les formes d’associations volontaires des citoyens et des usagers) et/ou parce que son mode d’animation est de type associatif, voire coopératif. Ce sont enfin et plus généralement tous les journaux qui réellement ou potentiellement, n’entendent pas réaliser, à proprement parler, des profits. 

Alors que les définitions du journalisme d’investigation varient selon les journalistes, il existe un consensus général autour des caractéristiques qui le définissent : il doit être systématique, être le fruit d’une enquête en profondeur, être issu de recherches et de découvertes inédites et révéler des informations jusque-là restées confidentielles. Le groupe d’investigation flamand-néerlandais ‘’VVOJ’’ définit lui le journalisme d’investigation simplement, comme du “journalisme en profondeur et critique”.

Un manuel de journalisme d’investigation publié par l’UNESCO définit ainsi le journalisme, le vrai: “Le journalisme d’investigation implique d’exposer au public des affaires dissimulées de manière délibérée par une personne dans une position de pouvoir ou cachées accidentellement car elles étaient noyées dans une masse de faits et de circonstances qui en obscurcissaient la compréhension. Il nécessite d’utiliser des sources et des documents confidentiels ou publics ”.

Alea jacta Est ! Les dés sont jetés, nous contribuerons à ce qu’ils ne soient plus jamais pipés !

*Geoffrey Livolsi. Journaliste/Co-foundateur de www.disclose.ngo , media d’investigation à but non lucratif, France