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OUIDAH-BENIN/ SUR LA ROUTE DE NOS ANCETRES…L’arbre de l’oubli, le mémorial ZOMACHI et la case ZOMAI.

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Voici notre deuxième partie concernant la ville touristique de OUIDAH et particulièrement, la route des esclaves.

L’ARBRE DE L’OUBLI

C’est le roi d’ABOMEY qui commandait à OUIDAH. Parce qu’à un moment il a envahi OUIDAH et DE SOUZA son ami a été nommé vice-roi puisque lui le roi, était à ABOMEY. Et a vendu les fils et filles de OUIDAH aux esclavagistes qui étaient sur place. Un royaume ne vend jamais ses fils et filles. Ce sont les captifs de guerre qui sont vendus comme esclaves.

Avant, le royaume d’ABOMEY payait des taxes pour faire passer les esclaves. Ils ont ensuite vu que c’était un poids économique et pour ne plus avoir à payer ils ont préféré envahir OUIDAH.  Les esclaves passaient donc faire le tour par l’arbre de l’oubli qu’ils contournaient trois fois, afin qu’ils oublient leur passé. Cet arbre était situé sur le parcours de la route de l’esclave, en bordure de route, non loin de l’Institut régional de formation sanitaire (IRFS). Il a été détruit un jour par la foudre, au dire des sachants de OUIDAH.

LE MEMORIAL ZOMACHI

‘’ZO’’ c’est le feu ou la lumière. C’est un mot en langue ‘’Fon’’ qui veut dire ‘’ZO’’ le feu ou la lumière et ‘’MACHI’’ qui ne s’éteint pas. C’est comme un feu qui ne s’éteint jamais. C’est un mémorial qui a été construit par le professeur Honorat Djessi qui est toujours vivant quoique vieux, depuis 1992. Derrière le bâtiment que vous voyez il y’avait une case sans fenêtres ou on mettait les esclaves pendant la traite négrière dedans enchaînés, dans le noir. Il a eu l’idée de créer ce mémorial avec la Diaspora juste pour demander à la Diaspora de revenir. En bas de ce bâtiment qu’il a construit, il voulait créer un musée de l’esclavage et en haut c’est des dortoirs. Il se disait que quand les descendants d’esclaves de la Diaspora reviendraient ils ne resteraient plus dans le noir mais occuperaient cette chambre à la lumière et ne seraient plus dans le noir, pour l’éternité. Le projet n’est pas terminé mais il y’a un bas-relief qui a une explication de même que les symboles de l’intérieur. Tout autour du mur, il y’a des symboles : le 1er  symbole c’est la carte d’Afrique : ici c’est la représentation de la carte de l’Afrique où nos ancêtres vivaient tranquillement avec leurs cultures et traditions. Et lorsque les Européens sont arrivés ils ont vidé ce continent de ses bras valides. Les hommes et les femmes (même enceintes) et les enfants même les bébés, ont été déportés. Mais ils déportaient surtout les enfants à partir de 12 ans. Les sculptures de buste représentent celles de dignes fils de l’Afrique qui ont œuvré pour sa libération. L’arbre symbolise le futur retour des descendants des fils exilés de l’Afrique par l’esclavage. Et la maison du mémorial non achevée devrait leur servir de dortoir. Tous les autres retracent le vécu des esclaves, les esclavagistes, les figures emblématiques de l’Afrique…

LA CASE ZOMAI 

Ces monuments sont des stèles en mémoire de la case ZOMAI. C’est le contraire de ZOMACHI. ZO c’est le feu et MAI veut dire ‘’ne rentres pas’’. La case était construite avec du fer et sans fenêtres. Les monuments la symbolisant sont situés à l’arrière-cour du mémorial ZOMACHI. C’était un passage obligatoire pour les esclaves. On les mettait comme ça, dans la case comme des bêtes de somme gardées dans des enclos boisés dits ‘’AKPOKPO’’, qu’on parquait. L’esclave doit séjourner ici minimum deux semaines pour attendre l’arrivée du bateau. Aussi on les mettait ici pour atteindre le nombre d’esclaves requis quand ils étaient insuffisants, avant de les transférer au bateau. Et troisième raison on les habituait dans une position avec des enclos parce que c’est celle-là qu’ils adopteraient dans les bateaux.

Compte tenu des conditions beaucoup tombaient malades car on les nourrissait à peine avec un peu de mis grillé de l’eau ou du pain… Et certains refusaient de manger et tombaient malades où mouraient et on les enterrait dans une fosse commune. Avant de partir les esclavagistes ont rasé la case dont on peut retrouver les traces en voyant l’espace qu’elle occupait. Les ports aussi ont été rasés. Au départ on avait 5 forts : Portugais, Français, Hollandais et Danois et Anglais. Le fort portugais est resté car les portugais qui y étaient resté ne voulaient pas partir. Ils ont été forcés à partir à travers un hélicoptère et voulaient le brûler. C’est ce fort qui sera restauré pour abriter les objets rapatriés de la France.

LA REDACTION