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Ouidah-Benin/ Sur la route de nos ancêtres…La fosse commune, l’arbre du retour, la porte de non-retour… !

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Troisième et dernère partie de notre carnet de route sur « la route des esclaves de OUIDAH » !

LA FOSSE COMMUNE

Une symbolique de la fosse commune ou cimetière des esclaves…

Cette fosse commune fait 12 mètres de long et 6 mètres de large, avec 12 mètres de profondeur. C’est dans cette fosse qu’on jetait les malades et les morts. Parce que pour les esclavagistes quand vous êtes malades vous n’êtes plus aptes pour aller travailler dans les plantations ; donc on peut vous éliminer. On enterrait donc les malades vivants. 18000 partaient de OUIDAH chaque année et le 1/3 soit 6000, mourait où était enterré avant la destination.

Quand vous voyez la peinture noire qui est en haut du mur, c’est la position des esclaves quand ils ont quitté la case ZOMAI. Et le noir qui est au milieu, c’est comme cela qu’on enchainait les esclaves et on les alignait depuis ABOMEY jusqu’à OUIDAH et de OUIDAH jusqu’à la plage pour être déportés vers d’autres continents. Et à droite toujours c’est la position des esclaves qui sont assis dans quelque chose et enchaînés partout où ils étaient. Le rouge symbolise le sang des esclaves. Remarque de taille : Dans les forts ainsi que dans la case ZOMAI, on coupait des pieds et des bras des esclaves rebelles juste pour pouvoir les démotiver et dissuader les autres de suivre leurs incartades.  Il y’a déjà trois découvertes d’ossements à la place du mémorial représentant la fosse commune et la troisième fois c’était en 1992 lors de la mise en route du projet de monument. L’endroit a donc été clôturé et l’on a ainsi compris que c’est ici qu’avaient été enterrés nos ancêtres.

L’ARBRE DU RETOUR

Un aperçu de l’arbre du retour………. L’aspect de ses fruits charnus.

On transportait les esclaves ici de la case ZOMAI, avant de les amener à la plage. Et ils sont forcés de venir ici toujours alignés, toujours enchaînés. Et les hommes, femmes et enfants devaient faire le tour de l’arbre trois fois. C’est pour dire que lorsqu’ils partiront et y mourront, leurs âmes reviendront. Le retour n’est pas forcement physique mais surtout spirituel.

Et aucun d’eux n’est revenu vivant sinon leurs descendants. Et le fruit de l’arbre, on ne le mange pas. On fait des rituels et cérémonies Vaudou ainsi que de deuil avec les fruits de l’arbre qu’on ne cueille jamais mais qu’on laisse toujours tomber avant de les prendre. Ces fruits ont beaucoup de vertus et sont utilisés par des spécialistes pour fabriquer des médicaments traditionnels pour pouvoir développer les fesses et les seins de même que le sexe d’un homme. On peut de même utiliser le fruit et les feuilles pour le bain du bébé afin qu’il ait les seins, les fesses ou le sexe développés. L’arbre a près de 400 ans, il existe depuis 1729 soit 349 ans.

LA PORTE DU NON RETOUR

 Côté NORD de la porte de non-retour et côté SUD…

Ici nous sommes à la dernière étape de la route de l’esclave. Et les esclaves marchaient jusque-là. Et on appelait cette place là le point de non-retour. Et les esclaves ne rentraient pas immédiatement dans les bateaux. Ils passaient des jours encore là sous le soleil, sous la pluie, avant d’embarquer dans les bateaux. Et c’est en 1992 que le gouvernement du Bénin avec l’UNESCO, a érigé ce mémorial qui a été inauguré en 1993. Cette place est la place de non-retour et la porte est la porte de non-retour. Quand vous regardez le côté Nord de cette porte vous voyez les esclaves alignés, enchaînés et qui sont en route vers le bateau. Les deux côtés de la porte c’est la position des esclaves dans le bateau. Il y’avait 18000 esclaves déportés chaque année et quand vous prenez 400 ans, cela fait 7 millions 200 mille esclaves.

 QUAND ON Y ENLEVE LE 1/3 C’EST-A-DIRE 6000 QUI MOURAIENT CHAQUE ANNEE, CELA FAIT 2 MILLIONS 400 MILLE ESCLAVES. GLOBALEMENT LA TRAITE DES ESCLAVES A DONC FAIT DEPORTER 4 MILLIONS 800 MILLE ESCLAVES A PARTIR DE LA ROUTE D’ABOMEY A OUIDAH…

Et aucun n’est revenu. Compte tenu des souffrances que les esclaves ont endurées tant à Abomey qu’à Ouidah, et certains ayant imaginé ce qui se passerait de l’autre côté, ils ont préféré se donner la mort. En préférant mourir sur la terre de leurs ancêtres que de partir ailleurs. D’aucuns ont mangé le sable marin et sont morts sur place. Comme le courant n’a pas de port ici et le bateau restait aux larges et on les y transportait avec des pirogues, d’autres se jetaient dans l’eau et entraînaient ceux qui étaient attachés, avec eux.   Au côté Sud de la porte, les esclaves femmes comme enfants et hommes sont enchaînés et marchent vers le bateau. Et derrière eux, nous avons l’arbre du retour. Parce qu’ils reviendront un jour. Le retour n’est pas forcément physique mais aussi spirituel. Nous pensons que les esprits de ces ancêtres sont ici. C’est pourquoi la fête du Vaudou qui est une fête nationale voit sa grande célébration le 10 janvier en présence du pape du Vaudou qui est à Ouidah, se passer ici. Et ce sont des cases Vaudou que l’on voit ainsi.

Aperçu de cases Vaudou pour la célébration de la grande fête chaque 10 janvier…

Pour pouvoir rester en commémoration avec les esprits de ces ancêtres-là qui sont revenus. C’est pourquoi il y’a ces deux statuts là de ‘’Ekoun’’ qui est le revenant, la réincarnation d’un être décédé, en culture ‘’Yorouba’’. Les ancêtres qui étaient dans le bateau faisaient la main d’au revoir à leurs ancêtres. Nous sommes à la fin des étapes de la route des esclaves de Ouidah. Depuis l’an 2000 il y’a un mémorial inauguré en l’an 2000.

LA REDACTION