contact@enquetemedia.org

Enseignement professionnel/ Koffi N’guessan crée sa marque de fabrique!

Partager l'article :

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on pinterest
Share on email

Les 10 et 11 février, plus de 80 participants issus du secteur privés, des chambres consulaires, d’autres ministères et de celui du ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage (METFPA) se sont réunis au foyer du lycée technique d’Abidjan. Objectif : valider les conclusions des travaux de réflexion sur la nouvelle vision du Docteur Koffi N’Guessan nommé en Avril 2021. Son ambition : faire de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, un levier du développement économique et social de la Côte d’Ivoire. Son entourage le dit pragmatique avec un goût prononcé pour le sport. Il aurait &redressé& l’INP-HB (Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny) de Yamoussoukro. Proche du premier ministre Patrick Achi, il aurait eu le strapontin à cause de sa rigueur au travail. Mais attardons nous sur les grands lignes de sa nouvelle vision!

La formation professionnelle à partir de la classe de CM2

Dr Koffi N’Guessan veut que les jeunes Ivoiriens s’imprègnent des métiers à partir de la classe de CM2. Selon l’inspecteur Général Coordonnateur Kouakou, &la phase pilote aurait donné de bons résultats&. Auto-satisfecit. Cependant, les gamins qui arrivent en fin de cycle primaire ces dernières années ont entre 8 et 12 ans. Trop petits pour se concentrer sur l’apprentissage. Il faut aussi former les instituteurs qui ont déjà fort à faire avec les nombreuses disciplines à dispenser. Le CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) devrait sanctionner leur formation.

L’uniformisation de la nomenclature des établissements.

Le système de la Formation professionnelle compte environ 70 établissements avec des noms divers. On trouve des CBCG (Centre de Bureautique, Commerce et Gestion), des lycées professionnels, des CET (Centre d’Enseignement Technique), des CETF (Centre d’Enseignement Technique Féminin), des CFP (Centre de Formation Professionnelle) sans oublier d’autres noms particuliers (CELIA de Treichville, CPMA Vridi, CETI Marcory, CETIC Tengrela, Centre Multisectoriel, CPTI et CPMI à Yopougon). Que de noms d’établissement qui donnent le tournis alors que souvent ils ont les mêmes offres de formations! Désormais, Dr Koffi N’Guessan veut qu’il y ait les lycées techniques, les lycées techniques et professionnels, les lycées professionnels et les collèges d’enseignement technique… Plus de mot « centre» pour motiver les apprenants qui vendront des classes de CM2 dont les camarades vont aussi dans des collèges de l’enseignement général. Bonne perception, mais cela rappelle d’autres aventures. En 2002, bombardé ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, Lazare Koffi Koffi , ancien professeur d’histoire-géographie, avait rebaptisé tous les établissements de la Formation professionnelle en «Centre National des Métiers». Baptême éphémère qui a fait son deuil avec l’avènement des gouvernements d’union nationale suite aux accords de Marcoussis censés mettre fin à la rébellion qui avait porté le glaive dans le ventre de la mère patrie. Espérons que l’instabilité institutionnelle qu’a vécue ce département ministériel ces dernières années ne vienne mettre fin à ce nouveau baptême des établissements publics de la formation professionnelle.

Le DTS? 

Le ministre Koffi N’Guessan veut instaurer un nouveau diplôme après l’obtention du BT (Brevet de Technicien). Il s’agit du DTS (Diplôme de Technicien Supérieur) qui va certainement entrer en collusion avec le BTS (Brevet de Technicien Supérieur) dont l’organisation a échappé depuis belle lurette à ce département ministériel. En France, le BTS est l’affaire de la formation professionnelle. En Côte d’Ivoire, c’est le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qui l’a en charge. Une affaire de gros sous que personne ne voudrait voir passer entre les phalanges. DTS et BTS pourraient cohabiter dans les années à venir en Côte d’Ivoire. Reste à résoudre l’épineuse équation de l’adéquation entre la formation et l’emploi. En effet, le diplôme ne semble pas le problème.
Comme on le voit, la nouvelle vision du ministre sera certainement en butte à diverses difficultés à telle enseigne qu’il faudra de la poigne pour les surmonter. Pour ne simplement pas faire du neuf,  avec du vieux!

LA RÉDACTION