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Contribution-Retraite politique/«C’est aux Ivoiriens de décider et non à une loi d’exclure des candidats !»

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«Le candidat à l’élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques et doit être âgé de 35 ans et de 75 ans au plus.
L’âge plafond concerne toutes les institutions de la république ainsi qu’enumerées dans la présente constitution et à l’exception de la Chambre des Rois et Chefs traditionnels.»Voilà le nouvel article qui devrait être débattu à l’hémicycle sur proposition du député de Tiassalé, l’honorable Tiemoko ASSALE. Cet objectif est certes noble, mais pousse à des réflexions.   Et d’entame, notre position là dessus est déjà connue : Que nenni! L’on parle de mettre des individus au garage, sous prétexte que ce seraient eux qui occupent l’espace politique depuis trois décennies. Mais est-ce réellement de leur faute ? Nous ne saurions le croire. En effet, la Commission électorale indépendante  (CEI) n’a jamais rejeté de candidature pour délit de non appartenance au fameux trio Gbagbo-Bedié-Ouattara puisque c’est de cette offre politique que l’on répugnerait à travers cette nouvelle proposition . Mais où se situe le problème?

L’on ne pourrait  s’appuyer sur leurs rivalités pour dire que la paix en Côte d’Ivoire se résume à leur exclusion de la course à la présidentielle. Ne serait-ce pas fallacieux comme argument et ressembler à une fuite en avant?  Le jeu politique doit être ouvert à tous. D’autant plus que nous affirmons etre dans une Démocratie…

La faute aux Ivoiriens! 

Ce n’est pas la faute au trio infernal si les ivoiriens ne voudraient voir qu’eux pour l’éternité. En  Côte d’Ivoire tout tourne autour de ces trois “messies” et dans aucun des partis politiques majeurs, on ne   .prône  l’alternance. De plus, quand on observe l’offre  politique sur le marché, il y a de quoi s’inquiéter parce qu’il y a bien des jeunes politiciens plus toxiques pour ce pays que nos trois compagnons. Ce n’est non plus pas de la faute de ces trois « infatigables vieillards” , si des jeunes refusent d’émerger et préfèrent adouber la candidature des chefs, privilégiant ainsi leurs avantages auprès de ces derniers plutôt que l’intérêt supérieur de la nation. Ces jeunes préfèrant souvent combattre ceux d’entre eux qui voudraient émerger, s’affirmer comme de potentiels successeurs du “Roi”. Le manque de confiance et de courage de ces potentiels successeurs qui se rebiffent après la levée de boucliers de leurs camarades jeunes. Qu’un peuple refuse le changement n’est imputable qu’au peuple lui-même et non pour le cas de la Côte d’Ivoire, au trio infernal.


Le pouvoir s’arrache, il ne se donne pas. Aux jeunes donc se lever pour cueillir le fruit “pouvoir”. Qu’ils n’attendent pas qu’on leur fasse la passe! Qu’ils n’essaent pas d’envoyer ce trio au garage  –  prématurément  puisqu’ils se disent encore bons pour le service-  pour légalement les degager! Qu’ils fassent une offre meilleure que celle de ces supposés vieillards! Et libre aussi au peuple d’aspirer au changement ou de demeurer dans la  continuité sans changement (c’est son droit le plus absolu , d’ailleurs)! Le dernier mot revient toujours au peuple, sous d’autres cieux. Voici u simple exemple : Après sa défaite face à  François MITTERAND en 1981, le regretté président Giscard d’Estaing s’est plusieurs fois présenté aux élections présidentielles françaises. Mais c’est le peuple français qui lui a toujours montré que sa place était bel et bien au garage. Il n’a en effet jamais pu franchir le premier tour d’aucune autre élection présidentielle depuis lors.

A plus de 75 ans, on peut s’estimer encore bon pour le service. Mais c’est bien au peuple de décider et non à une loi qui viserait des individus!  N’est-ce pas l’argument d’exclusion à tort ou à raison, qui a conduit le pays dans un cercle politique et électoral infernal depuis 1990 ?

Une Contribution de MAURICE CAREME