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Le pain nu, une oeuvre crue et Cul-te !

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Les années 40 sont une époque charnière dans l’histoire du Maroc qui s’est vu passer très vite du statut de protectorat français à une colonisation française. Le 30 mars sera considéré comme un « jour de Malheur  » faisant allusion au 30 mars 1912. (1912-1956). A cette époque-là, les disparités sociales sont devenues flagrantes surtout entre le monde urbain et rural. Grande famine, pauvreté, exode… C’est dans ce contexte que Mohamed Choukri assiste terrorisé au meurtre de son frère par son propre père. Fuyant son père, le « monstre », il erre dans les bas-fonds de Tanger, côtoie la famine et la délinquance. « Mon père, c’était Dieu, ses prophètes et ses saints réunis. Quel horreur ! ». P74. De ces nuits à la belle étoile, il gardera le goût du sexe et l’amertume de la prison. Mohamed Choukri parle avec simplicité de ses premières expériences sexuelles, de sa découverte de la femme « plein de dents, de salive et d’écume ». Longtemps, il parlera de « truc », la « plaie », la « blessure ». Il sera heureux quand il se rendra compte que le sexe de la femme « ne mort pas ». Il apprendra dans l’univers des putains, dans le bordel, les cafés, des proxénètes, des contrebandiers… « Mon frère était devenu un ange. Et moi, deviendrai-je un diable ? », s’interroge-t-il à fin cette autobiographie, une oeuvre Cul-te.

L’auteur

Mohamed Choukri (1935-2003) est l’auteur de romans – notamment Le Temps des erreurs, disponible en Points –, de nouvelles, de pièces de théâtre et d’essais qui l’ont placé parmi les auteurs majeurs de la littérature arabe.

Le pain nu, édition Points (octobre 2013), 160 pages.