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Mugef-ci/ Entre affairisme et népotisme, les dessous d’un hold-up électoral

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Candidat à l’élection des délégués de la Mugef-ci en 2017, Kouamé Mesmin Komoé a bénéficié de l’appui de Traoré Brahima, Directeur Général du cabinet SIGEM et formateur du Conseil d’administration et du comité de contrôle sous la mandature 2013-2017, pour la rédaction de son programme. Ce dernier a été introduit auprès des organes élus de la MUGEF-CI, par le Directeur Général d’alors, Touré Laciné qui a bien voulu le coopter pour leur formation sur le que le Règlement 07/2009/CM/UEMOA portant réglementation de la mutualité sociale au sein de l’UEMOA. Toutefois, la Mugef-ci a fait connaissance avec l’actuel Directeur Exécutif, Traoré Brahima, lorsque sous le Comité de gestion installé par l’Etat de Côte d’Ivoire en 2012, elle était à la recherche d’une solution de gestion des prestations en temps réel. Traore Brahima a présenté, à cette occasion,  un logiciel et une infrastructure technique qui étaient le fruit d’un partenariat entre une entreprise sénégalaise, SIGEM et SYCELIM. L’offre n’a pas été retenue par la Mugef-ci à cette époque : premières bisbilles entre Traoré Brahima et son bienfaiteur, Touré Laciné.

Une fois élu PCA, Mesmin Komoé a fait de Traoré Brahima, son « conseiller officieux » qui était chargé d’encadrer les audits de gestion et informatique, et de conduire le projet carte unique et intelligente (CUI). Le Directeur exécutif qui faisait office de conseiller du PCA, a proposé à son mandant, une équipe en interne qui devait sous son autorité, rédiger le cahier des charges de la CUI. Mais avant, il a été le maître d’œuvre de l’attelage, SIGEM, SYCELIM, ICS et UBA, monté pour la circonstance. En effet, pour réaliser ce projet, Mesmin Komoé et Traoré Brahima, ont fait le choix : ▪ d’externaliser la production des cartes des mutualistes. Pour ce faire, il fallait un opérateur chargé de la production des cartes. Leur choix s’est porté sur ICS (Ivoire Cartes Systems) qui est un traditionnel fournisseur de fonds de cartes de la MUGEF- CI ; ▪ de faire de la carte de l’adhérent, une carte bancaire VISA. Pour ce faire, il a fallu s’adosser à une banque. Le choix des décideurs de l’époque principalement le PCA Mesmin KOMOE et son partenaire d’affaire Traoré Brahima, s’est porté sur UBA et son partenaire VISA, GTP ;▪ de SIGEM, la société de Traoré Brahima , pour la conduite du projet ;▪ d’une société de services informatiques SYCELIM, partenaire traditionnel voire filiale informatique de SIGEM, chargé du développement de l’application métier.

Délit d’initié…

Comme il fallait s’y attendre, avant même la rédaction du cahier des charges, ce projet avait déjà été attribué sans appel d’offre, à cet attelage hétéroclite. C’est donc après coup, que le cahier des charges a été réalisé. Ainsi, ils se sont entendus sur le prix avant la rédaction du cahier des charges. Le cahier des charges décrivant le périmètre, les travaux à réaliser et les différentes attentes du projet, il est inadmissible que le prix en soit fixé avant sa finalisation. En effet, les offres financières et techniques découlent du cahier des charges et non le contraire. On comprend donc l’objectif primitif de ce projet était d’abord d’enrichir les parties prenantes: Mesmin Komoé, Traoré Brahima et l’ensemble de cet attelage hétéroclite.

Plus tard, Traoré Brahima par des manœuvres dont il a le secret, a participé à l’éviction de Touré Laciné, Directeur Général de la Mugef-ci à l’époque. Il sera nommé Directeur Général de la Mugef-ci, le 29 mai 2018 et Directeur Exécutif, le 07 juin 2018.

Une fois nommé, il a pesé de tout son poids pour le recrutement d’un des auditeurs de DELLOITE, Moume Arnaud Landry, qui avait la charge de l’audit organisationnel de la Mugef-ci, en tant que directeur de la Transformation et de l’organisation des Ressources, une super direction qui comprend les Ressources Humaines, la logistique et les moyens généraux. Un choix non pas pour ses compétences, mais parce qu’il est le cousin du désormais Directeur Exécutif, Traoré Brahima. L’objectif de son recrutement était clair, étant donné les achats et les différents projets de construction et d’aménagement à venir, il fallait une personne de confiance à même de garder les secrets, mais également, gérer les rétro-commissions.

Le troisième larron, alors que le conseil d’administration avait décidé de soumettre le poste de directeur informatique à compétition, le PCA sortant a fait croire aux membres du conseil que le Directeur Exécutif avait débauché, un DSI compétent à même de gérer le projet carte unique et intelligente. C’est plus tard, au mariage du PCA sortant, que des mutualistes ont compris que ce directeur, Assandé Kacou Serge, était son cousin. En effet, il a été d’abord le témoin de mariage du PCA sortant et tous deux du même village. L’objectif étant que l’informatique devant être un important centre de coût par la mise en œuvre de projets surfacturés, il fallait une personne de confiance pour non seulement maîtriser l’information mais également, gérer les différentes rétro-commissions.

Gouvernance des 03 trois mousquetaires…

Le premier mensonge a été la réputation surfaite qui a précédé les 03 acolytes. Traoré Brahima a ainsi été présenté comme un expert en mutualité qui devait faire de la Mugef- ci, une entreprise performante avec pour vecteur de croissance, la transformation digitale. A l’arrivée, les mutualistes constatent que la Mugef-ci n’a jamais été autant mal gérée. Avec cet expert auto-proclamé, les procédures sont mises à mal, les règles de gestion métiers n’existent pratiquement plus. Tout est sens-dessus, sens-dessous. L’entreprise au lieu d’aller de l’avant, a plutôt reculé.

Le second, cousin de Traoré Brahima et directeur de la Transformation et de l’Organisation des Ressources, Noume Arnaud Landry, s’est révélé comme étant l’un des pires recrutements que la Mugef-ci aient déjà fait. Auréolé du titre d’auditeur à DELOITTE, il a été bombardé directeur de la Transformation et de l’Organisation des Ressources, super direction qui combine les Ressources Humaines, la logistique et les moyens généraux. Rappelons qu’il n’a aucune compétence en Ressources Humaines et en Logistique. A l’arrivée, les mutualistes constatent que les Ressources Humaines ne se sont jamais autant mal portées et les agents n’ont jamais été autant divisés. La logistique et les moyens généraux quant eux, n’existent que de nom : c’est le directeur qui décide de tout…

Enfin, le directeur informatique, Assandé Kacou Serge, cousin de Mesmin Komoé, a été présenté comme un expert à la fois en informatique et en gestion de projet. Cependant, les résultats ne plaident pas en sa faveur. Malgré les moyens colossaux et les nombreuses ressources humaines mises à sa disposition, l’informatique n’a jamais été autant décriée. Pour s’en rendre compte, il suffit de jeter un coup d’œil sur les fréquentes indisponibilités et lenteurs des applications. A ce propos, les témoignages des partenaires médicaux de la Mugef-ci et Dr Kamara sont éloquents : « rien ne marche ! ».

 La carte unique et intelligente : 6 milliards de perte

Par ailleurs, le projet dont le Directeur Exécutif était porteur et pour lequel il a juré (n’oublions pas que son père était imam et qui plus est Ex-Président du COSIM, notre regretté Imam Traoré Mamadou) qu’il marcherait très bien, la carte unique et intelligente a été un échec aussi bien technique que financier. Ce projet qui devait couvrir l’ensemble des besoins métiers (Gestion des adhésions, Gestion des cotisations, Gestion des Prestations, Business Intelligence, Gestion Monétique) n’arrive pas à couvrir ne serait-ce que la Gestion des prestations. Pour les autres modules, on donnerait 10 ans qu’ils ne fonctionneraient pas tant, ce projet a été mal conçu et élaboré. Au plan financier, ce projet qui devait permettre à la Mugef-ci de réaliser un bénéfice de plus de 1 344 950 520 F CFA, s’est révélé être un gouffre financier. La Mugef-ci y a investi plus de 8.5 milliards de francs CFA au lieu des 4 821 600 000 FCFA annoncés et ainsi perdu en net, plus de 6 milliards de francs CFA.

Délits d’initiés et conflits d’intérêts

La carte unique et intelligente CUI. Ce projet aura coûté en réalité plus de 8.5 milliards de francs CFA mais officiellement, un peu plus de 4.3 milliards ont été payés à ICS et n’a fait l’objet d’aucun appel d’offre. En réalité, ICS a servi de couverture puisque c’est une sorte de consortium auquel appartiennent l’entreprise du Directeur Exécutif, SIGEM, une entreprise satellite, SYCELIM, la banque UBA et ICS, qui réalise ce projet. SYCELIM s’est vu cadeauter d’autres projets dont l’intégration des nouveaux produits (Ivoir’Pharmacie, Ivoir’Pharmacie Plus, Ivoir’Santé Plus, Ivoir’Santé Privilège) au logiciel métier, à hauteur de plus de 480 millions FCFA. Au total, cette entreprise a engrangé près d’un milliard de FCFA pour le développement du logiciel (plus de 500 millions de francs CFA) et l’intégration des nouveaux produits (plus de 480 millions FCFA). Ce logiciel n’a non seulement pas respecté le périmètre initial, mais le seul pan qui a été développé a du mal à fonctionner.

Projets informatiques

L’entreprise créée par le Directeur du Système d’Information de la Mugef-ci , Assandé Kacou Serge, cousin de Mesmin Komoé, et dont il est actionnaire principal, s’est vu octroyer des marchés dont les montants cumulés dépassent le demi-milliard de francs CFA (plus de 500 millions de FCFA pour être précis). Se sentant découvert, il a attribué les autres projets à des entreprises appartenant à ses copains. Ainsi, CASA a été cadeauté de marchés d’à peu près un demi-milliard (plus de 480 millions de francs CFA pour être plus précis) quand ACG s’est contenté de quelques 290 millions de francs CFA et 3R Technologie, d’environ 250 millions de francs CFA.

Aménagement des locaux

Ce point n’échappe pas à cette prédation. Plusieurs centaines de millions ont été dépensés et le comble est que ces marchés ont été attribués à des entreprises de proches ou même plus grave appartenant à des responsables de la Mugef-ci, comme AMTICS qui appartient au Directeur du Système d’Information, cousin du Président du Conseil d’Administration sortant, à laquelle ont été attribuées les travaux d’aménagement de la salle CUI, des sites de Cocody, Bongouanou, Sassandra, Dabou, etc…

Achats et autres appels d’offre

Ici encore, le Directeur du Système d’Information et le Directeur de la Transformation et de l’Organisation des Ressources, proche du Directeur Exécutif, règnent en maîtres. Les attributions de marchés se font par affinité, sans compter qu’eux-mêmes se font des cadeaux. Ainsi, l’entreprise de l’épouse du Directeur de la Transformation et de l’Organisation des Ressources, AQUAREL, s’est vu cadeauter de marchés de plus de 200 millions de francs CFA ! Les appels d’offre et autres achats informatiques quant à eux, sont menés de mains de maître par le Directeur du Système d’Information. Plusieurs centaines de millions de marchés ont été attribués par ces deux individus, avec la bénédiction du tout-puissant Président du Conseil d’Administration qui considère la Mugef-ci comme un butin de guerre.

De la lune Délits de miel au divorce avec le GSE 3

La mise à nu des carences des 03 acolytes. Avec le temps, certains membres du Conseil d’Administration principalement les 1er et 2ème Vice-Président, se sont rendus compte : ▪ du mécontentement croissant des agents occasionné par le mauvais management des trois acolytes ; ▪ des détournements massifs opérés par ces trois acolytes avec la complicité et sous le regard bienveillant de leur mentor, Mesmin Komoé ; ▪ que le directeur exécutif était le propriétaire de SIGEM et avait des intérêts dans la société de services informatiques, SYCELIM, membre de l’attelage mis en place pour réaliser le projet carte unique et intelligente ; ▪ que malgré toutes les assurances données par ces trois individus, et après une enquête auprès des partenaires médicaux et des agents, la mise en œuvre du projet carte unique et intelligente était un échec technique patent ; ▪ que le projet carte unique et intelligente était un gouffre financier ; ▪ les applications métiers ne fonctionnaient pas malgré toutes les dénégations et que la direction informatique malgré les investissements colossaux, étaient moins performante qu’avant 2018.

La CUI comme pomme de discorde

Après des enquêtes auprès des partenaires médicaux, les membres du Groupe solidarité-égalité (GSE) en général, se sont rendus que malgré les investissements colossaux, la carte unique et intelligente était un échec à la fois technique, financier et populaire. Ce qui rendait la campagne du GSE pour l’élection des délégués de la mandature 2021-2025, difficile sur le terrain. Dès ce moment, le GSE a décidé une fois élu, de se séparer de ces personnes. Sentant le vent tourné, ce trio n’a eu d’autres choix que de s’allier à Gnogbo Paul et de financer la campagne de la liste solidarité santé. Pour ne rien arranger, l’ouverture officielle de la campagne a coïncidé avec d’énormes problèmes informatiques rendant quasiment impossible l’accès aux soins. Pour les membres du GSE, il s’agissait là, d’une opération de boycott savamment menée par Traoré Brahima, Assandé Kacou serge et Noume Arnaud Landry.

Les raisons du hold-up électoral

L’audit annoncé par Gnagna Zadi (MUR)

L’audit annoncé par le candidat Gnagna Zadi et la transparence voulue par ce candidat n’était pas du goût de ce trio. En effet, il était hors de question pour ce trio, que les détournements massifs opérés, les délits d’initiés et autres prévarications soient mises à nu. Pour Traoré Brahima, cela pourrait avoir un impact négatif sur sa crédibilité et sur la crédibilité de son entreprise, SIGEM. En effet, le fait que la cession de parts sociales et la désignation d’un nouveau gérant courant mai 2018 (29 mai 2018 soit le jour de sa nomination en tant que directeur générale de la Mugef-ci, quelle coïncidence !!!), cette entreprise est toujours sa propriété. Pour les raisons susmentionnées, il était hors de question que Gnagna Zadi soit le PCA de la Mugef-ci.

Le renvoi pour incompétence promis par Dr Kamara (GSE)

Pour Dr Kamara, il n’était pas question que cette « équipe d’incompétents », demeure à son poste. Elle leur promettait le renvoi et elle le leur a signifié. Il était clair pour ce trio que sa survie passe par la non-élection de Dr Kamara.

Pérenniser le vol des deniers de la Mugef-ci

En moins de 03 ans, le trio s’est enrichi. Les membres de ce trio sont devenus des millionnaires sans compter qu’ils ont pu acquérir des logements de l’opération immobilière destinée au personnel alors même que des agents qu’ils ont trouvé sur place, n’ont pu en avoir. Après tout, en moins de deux années de présence à la Mugef-ci, ce trio s’est offert une parcelle de plus de 150 hectares dans les environs de Daoukro. Comment partir d’une entreprise qui a permis à ce trio de s’enrichir aussi rapidement ?  Il faut donc continuer à piller la Mugef-ci. Pour ce faire, il faut un PCA malléable à souhait, qui ferme les yeux sur les détournements ou adepte de rétro- commissions.

Le hold-up électoral

Pour arriver à ses fins, le chef du trio, Traoré Brahima qui se présente volontiers comme le protégé du ministre de l’Emploi et des Affaires sociales, et formateur en mutualité sociale, de Koné Colette, présidente du comité électoral, rapportait tous les faits et gestes du conseil d’administration sortant au ministre et à la direction générale de l’AIRMS (Agence Ivoirienne de Régulation des Mutuelles Sociales), Koné Colette. A l’approche des élections, il a fini par être considéré comme la seule interface entre le ministère de l’emploi et des affaires sociales, et la Mugef-ci.

Aussi, a-t-il « œuvré » pour faire partie du comité ad-hoc pour le renouvellement des organes de la Mugef-ci, mis en place par le ministre de l’Emploi et des affaires sociales, Adama Camara. Toujours dans sa quête de demeurer Directeur Exécutif, il a encore « œuvré » pour se rendre indispensable auprès du Comité Electoral. Il a d’ailleurs participé aux séminaires et aux séances de travail organisés par ce comité.

L’objectif qu’il s’est assigné était de faire gagner son candidat à tout prix. Ainsi, après le vote et au moment des différents dépouillements, il s’est rendu compte que contre toute attente, le candidat Gnagna Zadi était en avance dans plusieurs bureaux de vote du district d’Abidjan. Paniqué, il devait faire quelque chose. Décision donc a été prise de retarder les résultats d’Anyama, le temps de consolider les résultats des bureaux de vote du Plateau, de Bingerville, Songon et Brofodoumé. Le candidat Gnagna Zadi étant en avance dans tous ces bureaux, il fallait modifier les résultats d’Anyama pour permettre à son candidat de remporter ces élections.

le Sur le PV du bureau de vote numéro 2 d’Anyama, les voix de Gnogbo Paul ont été modifiés : ils sont passés de 06 à 96. Le o(zéro) a été transformé en 9. Pour corroborer cela, vous constaterez que le « seize » a été transformé en « quatre-vingt seix » ou en « quatre-vingt saix ». On peut noter au passage, les surcharges et le fait que 232 s’écrive en lettres : « DEUXCENTTRENTE DEUX », comme si on avait écrit « TRENTE DEUX » et ajouté « DEUXCENT » plus tard.

LA REDACTION