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Embouteillages à Abidjan/ On innove sur du saturé, Adieu Yamoussoukro ! ?

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A Abidjan il est impossible de circuler sans être dans un bouchon. Tous les quartiers sont impraticables.  Et c’est pire, pendant les fêtes ! Le plan d’urbanisation n’a pas tenu compte de l’accroissement de la population. Plus de 10 millions d’habitants dans une ville qui veut ressembler à une métropole sans en avoir les caractéristiques techniques requises vu le plan d’urbanisation désuet et difficile à rattraper.  Et nos autorités essaient de créer sur du saturé.

Des ponts et des ouvrages

3eme pont, 4 ème pont, bientôt un 5ème?  Pour ne pas résoudre le problème des embouteillages.  Même le 3eme pont dit pont Henri Konan Bédié à ses pics d’embouteillage, lui qui devait permettre de désengorger les voies et d’aller vite, très vite, même !  Plusieurs files de voitures s’amoncellent et les policiers sont obligés de réguler la circulation comme sur une artère normale.  A telle enseigne qu’il est souvent mieux d’aller doucement -en empruntant des routes assez bondées- malgré que nous serions pressés puisque le 3eme pont ne semble plus être une voie express.  Et tout Abidjan est en chantier. A la Riviera vers la résidence du Président de la République un ouvrage dit &pont Golf& est en construction. Créant des embouteillages à n’en point finir, et des déviations.  Le pont à Haubans du Plateau lui aussi en construction avec du terrain gagné sur la lagune comme les Polders, a lui aussi, son lot de désagréments.  Une bretelle à été ouverte au niveau du Groupement des sapeurs-pompiers militaires de l’Indenié, de même que vers Nestlé, le carrefour qui relie les voies allant à Cocody, Adjamé et Plateau. Le plus grave, c’est le nouveau pont vers l’autoroute du Nord dit « échangeur de Gesco », au niveau du quartier de Gesco, à Yopougon. Le 22 décembre dernier, un automobiliste arrivé au deuxième péage de l’autoroute du Nord entrée d’Abidjan via Gesco, aux environs de 21 heures 15 minutes, à pu parcourir ce tronçon d’à peine deux kilomètres, en plus de deux heures de temps. Il est arrivé à Gesco à 23 heures 45 minutes. De quoi ne plus se rendre à l’intérieur du pays, sauf urgence extrême !  Le ministre des Infrastructures économiques Amédée Kouakou se disait satisfait de l’avancée des ouvrages particulièrement celui-ci, quand un accident des plus tragiques est vite arrivé! Ave Amedé!

On n’est pas sorti de l’ornière!

Le gouvernement rivalise d’ingéniosité pour déboucher toutes les voies et en créer d’autres. Pour exemple la nouvelle voie passant par le CHU d’Angle qui débouche vers Bingerville l’une des capitales du pays et qui jouxte la capitale économique, Abidjan. Des milliers de kilomètres ont été réalisés et d’autres sont en cours de réalisation, s’enorgueillit le gouvernement.  Mais beaucoup reste à faire puisque ce qui a été fait ressemble à une gouttelette d’eau dans la mer. La route du zoo est impraticable à toute heure de la journée et ce, à partir de 6 heures du matin. La bretelle qui dévie par la  Résidence Paillet jusqu’au supermarché Sococé à Angré,  ne fait que gagner quelques minutes, pour retomber sur l’embouteillage monstre du boulevard Latrille. Avoir un véhicule dans ces circonstances équivaut à doubler sa ration journalière habituelle de carburant quand ne pas en avoir signifie payer au prix fort une course de taxi. Pour se rendre dans des quartiers comme le Plateau il faille s’ y atteler très tôt ou s’ attendre à y arriver des heures après.  Tout le monde et même les touristes connaissent désormais les embouteillages d’Abidjan.  Pour rallier l’aéroport et y emprunter leur vol, ils préfèrent s’y prendre trois heures à l’avance. Parce qu’à n’importe quel moment et n’importe où, vous risquez d’être pris dans ce traquenard routier. Ajoutez à cela les mauvaises conduites de chauffards, les nombreux sens interdits et les pannes incessantes de tacots bringuebalants, et vous aurez un parfait cocktail molotov routier!

Pour Yamoussoukro, ce n’est pas d’actualité !

Tout le monde avait applaudi quand le Président à son premier mandat, avait montré sa volonté de transférer la capitale effectivement à Yamoussoukro, ville du Centre du pays. Mais détrompez -vous, ce n’était qu’une promesse électoraliste et politique. Au 3eme mandat, rien n’est fait dans ce sens. Souhaitons qu’au quatrième mandat hypothétique, ce rêve ait un début de réalisation , pardi! Bruno Nabagne Kone le beau du Président et ministre de la Construction affirmait en décembre 2020 devant le Sénat, propos retranscris par « Le Nouveau Reveil », que «Je pense que la principale explication et vous l’avez-vous-même relevé c’est l’insuffisance des ressources qui sont mises à la disposition de ce projet-là. Et c’est pour cela que l’Etat ou le Gouvernement fait en sorte, chaque année de poser quelques pas supplémentaires, mais ces quelques pas supplémentaires ne sont pas suffisants pour créer une tendance mode de transfert de la capitale vers Yamoussoukro… En réalité quand on regarde bien et je pense que c’est sans doute des études qui ont déjà faites au niveau du ministre du Budget ; pour faire un tel transfert il ne s’agit pas de dizaines de milliards de FCFA ; je doute même qu’il s’agisse de centaines de milliards de FCFA. il faut pratiquement un plan Marshall parce qu’il faut construire une ville, il faut construire des routes, des voies de circulation, il faut emmener l’eau, l’électricité, à des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de populations qui vont être déplacées. Il faut construire les édifices publics, mettre des bureaux à la disposition des agents de l’Etat et ces agents de l’Etat il faut les loger, il faut leur trouver des logements donc c’est un plan qui est énorme et qui est difficile, peut être que le ministre du Budget pourra en reparler, pour ce que nous savons de nos finances qu’il est difficile en l’état actuel de financer complètement le transfert de la capitale. Mais néanmoins comme vous pouvez le voir chaque année l’Etat montre des gages. Le Sénat, vous avez-vous-mêmes dit est transféré ; nous sommes nous-mêmes en train de travailler sur le schéma d’urbanisme de Yamoussoukro qui confirme la position de la capitale politique ; ça veut dire que le projet reste bien d’actualité au niveau du Gouvernement et que pour ce qui concerne les aspects d’urbanisme et construction nous faisons ce que nous pouvons… » Yamoussoukro n’a pas toutes les infrastructures adéquates, le gouvernement y travaille, c’est d’actualité… Bruno Nabagne Kone aurait dû être dentiste, puisqu’il s’exprime comme un bonimenteur et plus simplement, un arracheur de dents!

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