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Douanes ivoiriennes/ Fraude d’envergure des entreprises…. plus de 200 milliards FCFA détournés ! ( 1ère partie)

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Tout part d’une conférence de presse , le vendredi 24 juin2022 à Abidjan. Conférence au cours de laquelle Capitaine IRIE Bi Zamblé Éttienne, spécialiste des enquêtes et des saisies, a tenu à faire le déballage sur certaines pratiques non catholiques à la Direction générale des Douanes ivoiriennes. Récit du capitaine …

« Par le biais de l’ex-Inspecteur général des Douanes, aujourd’hui Directeur général-adjoint, le colonel-major Kadio Albert Louis, les hautes autorités douanières m’ont instruit à l’effet de diligenter des enquêtes sur des dossiers dans certaines entreprises qui s’adonnaient à une fraude d’envergure. La réussite desdites enquêtes reposait essentiellement sur la collaboration des personnes extérieures appelées « indicateurs ». J’en ai recrutées une vingtaine, dont dix à l’intérieur du pays et dix autres ici à Abidjan. Les missions qui m’ont été confiées, ont connu un succès retentissant. En témoignent les incessantes visites du Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat, Moussa Sanogo sur le théâtre des opérations. Il a assisté à chacune des saisies que j’ai effectuées.
En Douanes, quand une mission d’enquête se termine par un succès, il s’en suit le paiement des droits, taxes et amendes. Ce sont ces amendes payées suite aux missions que j’ai menées qui sont à l’origine de la crise qui m’oppose aujourd’hui à ma hiérarchie.
Je reproche à cette hiérarchie le détournement desdites amendes à des fins personnelles.
Aux fins d’obtenir les frais du saisissant et des indicateurs, qui tardent à m’être versés, j’ai adressé à ma hiérarchie un courrier, par le biais d’un Avocat, pour avoir un rendez-vous formel. Mais contre toute attente, ma hiérarchie n’a jamais répondu à cette lettre. Tout comme elle n’a pas répondu à toutes celles qui ont suivi.
Ce silence lourd m’a exposé à la colère des indicateurs.
Face aux menaces de mort des indicateurs qui pensent que j’ai perçu et gardé par devers moi leurs primes, j’ai dû à mon corps défendant porter plainte devant les juridictions nationales. Pour que ma hiérarchie vienne dire ce qu’il en est des saisies que j’ai effectuées.
J’ai été auditionné successivement à la brigade de recherche de la Gendarmerie nationale, au Ministère de la Bonne Gouvernance, au Ministère du Budget et du Portefeuille de l’Etat, cinq fois à l’Inspection générale des Douanes et tout récemment devant le Conseil de discipline où ma révocation est programmée.
Je précise à toutes fins utiles que Son Excellence Monsieur le Président Alassane OUATTARA a par deux fois répondu aux courriers que je lui ai adressés, pour l’informer des faits de corruption qui ont cours au sein de l’Administration douanière. Il m’a rassuré que toute la lumière sera faite sur ces affaires.
J’ai dénoncé cette corruption en me référant au message à la Nation du Président de la république, en date du 31 décembre 2021, où il a placé la lutte contre la corruption au 3ème rang de son action gouvernementale.
Malheureusement, cela me vaut aujourd’hui d’être pris pour cible par ma hiérarchie. Le Procureur de la République devant qui j’ai porté plainte contre ma hiérarchie, est rentré dans un silence de cathédrale. Jusqu’à ce jour, aucune des autorités douanières citées dans ma plainte n’a été auditionnée. Et ce n’est pas demain la veille de leur audition. Toutes mes démarches auprès du Procureur sont restées vaines.
Depuis l’année passée, où j’ai porté plainte devant le Procureur jusqu’à ce jour, les personnes contre lesquelles j’ai saisi la Justice de mon pays n’ont jamais été auditionnées, pour des raisons que le Procureur sait. Moi j’ai été auditionné plusieurs fois. En désespoir de cause, et pour donner un écho retentissant qui parviendrait au Président de la République, qui est la seule autorité de ce pays à me prêter une oreille attentive, je me suis rendu à la gendarmerie de Man pour me constituer prisonnier.»

Le cas Antoine Bahi.

« En effet, le Commandant Bahi Antoine qui avait été commis par ma hiérarchie pour servir d’interface entre elle moi dans les négociations, a dès le début pris fait et cause pour cette dernière, c’est-à-dire pour les mis en cause. Il a même décidé de me mener la vie dure ! Il a porté plainte contre moi pour fausse accusation de simulation d’enlèvement. Je note en passant que c’est délibérément que j’ai simulé mon enlèvement, non seulement pour me faire entendre, mais également pour débusquer le sieur Bahi Antoine, qui dit avoir de la proximité avec la Première Dame Mme Dominique OUATTARA. Ce même Bahi Antoine qui s’est présenté à moi comme médiateur commis par ma hiérarchie, s’est aujourd’hui substitué au Procureur de la République. Dès que j’ai annoncé dans un quotidien de la place que j’allais animer une conférence de presse pour faire le grand déballage, il est allé voir le Juge d’instruction pour lui demander de m’empêcher de tenir cette conférence. Il a été suivi, puisque j’ai été convoqué au parquet le mardi 21 juin 2022.»

Des inquiétudes

« Je voudrais ici m’inquiéter de la façon dont fonctionne notre Justice. Est-elle aux ordres ? Y a-t-il des gens au-dessus de la loi ? Pourquoi le Procureur de la République ne veut-il pas auditionner les hautes autorités douanières que j’ai assignées devant lui pour des faits de corruption ? Suis-victime de tribalisme ? Puisque dans l’affaire qui m’oppose à ma hiérarchie, tous les accusés sont de la même ethnique que le Procureur. C’est le cas Colonel-major KADIO Albert Louis,. Directeur Général Adjoint, KOFFI Méa Ignace, Directeur des Ressources Humaines, colonel Ebalé Yvonne , par qui tout est arrivé. »

La fraude dans les magasins diplomatiques

« Colonel EBALE epse Niambe YVONNE – Directeur des régimes économiques. Les magasins diplomatiques sont placés sous sa responsabilité. C’est elle qui a géré de bout en bout tout le dossier des magasins. Alors que nos textes disposent qu’il faut auditionner, voire sanctionner tout responsable d’un service qui se rend coupable de fait de fraude ou de corruption, d’importants détournements de fonds sont passés par pertes et profits.
Ces détournements tourneraient autour de la somme de 72 milliards de FCFA, selon la déclaration du colonel-major Kadio Albert Louis »

Les importations des magasins diplomatiques sont détournés aillerurs et ne déchargeant plus dans leurs entrepôts respectifs depuis le 9/11/2018, date de la saisie.

Les cas OLAM et compagnies

Le contrôle effectué par les services des Douanes ivoiriennes porte sur des opérations  entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018. Après une enquête douanière sur 36 mois, la société OLAM Cocoa Processing (OCP) doit payer 143 milliards de F CFA pour une fraude à la législation douanière et fiscale relativement au rapatriement de devises. Une procédure d’arbitrage est engagée. Au cours de cette procédure, les responsables de la société OCP ont indiqué avoir produit des justificatifs dont les services généraux des Douanes n’ont pas tenu compte. « En tout état de cause, les montants figurant dans le procès-verbal de constat d’infraction et le rapport de la conseillère spéciale chargée de l’instruction du dossier pour le compte de la direction générale des Douanes ne reflètent pas le résultat des séances de travail organisées par la Direction générale des Douanes », mentionne OLAM dans un rapport adressé le 7 décembre 2019, au ministre auprès du Premier ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat. La suite, seuls trois 3 milliards F CFA ont été payés à l’Etat. Les 140 ont-ils fait l’objet de deal entre le ministre Moussa Sanogo et les patrons des Douanes ivoiriennes ?

Les intouchables et hommes politiques qui les protégeaient 

Des entreprises que la Douane ne peut pas contrôler. Orange CI, Sivop, Gandhour, ADC, et les entreprises d’exportations de cacao. Olam était protégée par Ahoussou Jeannot et après Amadou Gon a pris le relais. Derrière une grosse entreprise, se cache un puissant homme politique qui empêche tout contrôle. « Quand nous commençons, le deuxième ou troisième jour, c’est un coup de fil qui stoppe le contrôle » , assure notre source à la Douane.

LA RÉDACTION