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Université Felix Houphouët-Boigny: SIMDCI de Kagnassi en roue libre.

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•Des décennies de « détournement de milliards » programmées !

Réhabilitation des universités. L’on a encore en mémoire une affaire de marché de cent dix milliards (110 000 000 000 F CFA) passé de gré à gré, entre le ministre de l’enseignement supérieur, Cissé Ibrahim alias Bacongo, et l’entreprise SIMDCI (Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire). En effet, la réhabilitation de l’université de Cocody (et d’Abobo-Adjamé) avait été estimés à 47 milliards de FCFA, avant de connaître un bon de 20 milliards de FCFA: 67 milliards de FCFA à l’exécution du projet. Mais le coût total des travaux de réhabilitation encours d’exécution va atteindre la bagatelle somme de 100 milliards de FCFA. Cependant, le cahier de charges, lui, n’a connu ni changement ni modification.

Adama Meité, un second couteau

Bacongo « hélé » sur ce délit d’initié, avait limogé Adama Meité, directeur des finances et du patrimoine du ministère de l’Enseignement supérieur. Adama Meité est mis en cause dans un « contrat litigieux » relatif à la réhabilitation des Universités de Cocody et d’Abobo Adjamé. Alors que ce dernier n’est pas le ministre de tutelle : l’autorité contractante, selon le Code des marchés publics qui stipule que dans chaque ministère il y a une cellule chargée de la passation des marchés publics et le ministre intervient lorsque le marché dépasse un certain seuil. « En ce qui concerne les marchés de l’Etat, les ministres techniques, à l’échelon central ont le pouvoir de signature, lorsque le marché est d’un montant supérieur au seuil du contrôle de validation de la Structure chargée des marchés publics ». Article 46 du Code des marchés publics.

Alors que : « Fin 2011, le ministre de l’enseignement supérieur Ibrahim Cissé Bacongo et celui des finances Charles Koffi Diby avaient, d’un commun accord, attribué ce marché à l’homme d’affaires, ex-fondateur du groupe L’Aiglon. Mais faute de disposer d’entreprise de BTP, Kagnassi, qui est par ailleurs le lobbyiste local du groupe Sagem en Côte d’Ivoire, a préféré sous-traiter ce chantier à Ali Seklaoui, PDG de SIMDCI (Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire). Ce dernier, proche du premier ministre Jeannot Ahoussou, a déjà travaillé avec Kagnassi par le passé sur le chantier de la rénovation de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) ». In La Lettre du Continent le 31 mai 2012.

Enquête sur « les conditions d’attribution »

Alassane Ouattara ordonne Jeannot Ahoussou Kouadio, Premier ministre, de mener une enquête sur « les conditions d’attribution » de ce marché. Naturellement cette enquête ne va pas aboutir. Jeannot Ahoussou Kouadio, lui-même, avait octroyé le marché de réhabilitation de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan au tandem Sidi Kagnassi-Ali Seklaoui, lorsque qu’il était le garde des sceaux.

Sidi Mohamed Kagnassi en deux mots !

La multinationale française Sagem-Sécurité l’a choisi pour représenter ses intérêts en Côte d’Ivoire. Le tandem Kagnassi-Sagem Sécurité avait soumissionné pour le marché d’identification des populations en vue de l’élection présidentielle de 2010. L’opposition d’alors – le PDCI, le RDR et la rébellion des Forces nouvelles – s’était fortement solidarisée de ses ambitions au point d’en faire un casus belli. Sidi Mohamed Kagnassi obtient que Sagem s’occupe de l’identification des électeurs et de la réalisation de la liste électorale. Négocié à 50 milliards de francs CFA, le contrat finira par coûter 150 milliards à l’Etat ivoirien, faisant du scrutin de 2010 un des plus chers de l’histoire de la planète. Ce juteux marché avait été attribué du temps de la primature de Soro. Bref !

Des décennies de « détournement de milliards » programmées.

La gestion du budget des Université est un modèle de la corruption du régime actuel qui utilise un tiers du budget des universités pour faire fonctionner une entreprise privée depuis 2011. La SIMDCI (Société des infrastructures modernes et de développement de la Côte d’Ivoire) dont le PDG est Kagnassi et Salif Ouedraogo, Directeur Général (DG) récupère le budget de l’équipement et de la maintenance de l’université FHB. En retour, elle paie des équipements, notamment des véhicules et de la machinerie. Celle-ci ( la machinerie) sert à tondre les gazons…. Elle remplace le matériel des salles lorsqu’elles sont défectueuses. Même la police universitaire était l’affaire de la SIMDCI !

Deux problèmes se posent…

1-La norme et la pratique de l’Administration publique veut que le prestataire soit payé après constat du service réalisé par ses différents contrôleurs. Or la SIMDCI est payée alors qu’elle n’a fourni aucun service. La surfacturation devient un jeu d’enfant dans un tel cas. Les services de la SIMDCI ont remplacé des ampoules néons de basse qualité à 18 000 F CFA l’unité. Pas l’appareil mais l’ampoule. Pardi !

2-La transformation des deniers publics en ressources privées. Les véhicules et les machines achetés portent la marque SIMDCI. Si les universités rompent ce lien d’escroquerie un jour, à qui appartiendra ce bien ? bien sûr à SIMDCI. On peut évoquer l’inégalité de chances entre elle et les entreprises de ce secteur …

L’âge d’or n’est pas pour demain. Car la corruption et les détournements des deniers publics ont de beaux jours en Côte d’Ivoire.

La rédaction